Ziguinchor

Ziguinchor les enfants talibés dans la précarité parru dans l'OBS


Article Par ABDOURAHMANE THIAM ,

Paru le Mardi 16 Juin 2009


La situation des jeunes talibés inquiète plus d'un à Ziguinchor. Laissés à la merci de la rue, ces enfants se transforment parfois en «Boudioumane» pour, disent-ils, «gagner la pitance que leur imposent leurs marabouts».

A la veille de la célébration de la Journée de l'enfant africain, ces jeunes talibés demandent à l'Etat de les aider à sortir de leur situation de misère. Phénomène récent à Ziguinchor à la faveur de la crise dans la région, le cas des enfants talibés est devenu préoccupant. Ils sont nombreux à arpenter les rues et ruelles de la ville à toute heure de la journée. On les retrouve dans les stations d'essence, aux arrêts de cars de transport urbain, à l'hôpital, dans les bureaux et autres services publics. «Nous sommes parfois à la solde de certaines familles qui nous servent chaque jour de transporteurs de poubelles», nous a confié Samba Bâ, âgé de plus de 10 ans, talibé et habitant le quartier Lyndiane. Et son compagnon Ousmane Diallo de renchérir : «Je suis embauché par un ferrailleur qui vit au quartier Boucotte. Je vais chaque jour dans les poubelles pour ramasser la ferraille que je lui revends. Je gagne 500 ou 600 FCfa tous les jours après le ramassage. Avec cette somme, je suis tranquille. Car je peux rentrer chez mon marabout la nuit.» Mais pour Omar, 9 ans, jeune talibé habitant le quartier Alwar (et qui partage le domicile de son marabout avec près de 200 autres enfants), «mes parents m'ont confié à mon marabout. Je suis venu à Ziguinchor, il y a déjà 5 ans. Mais, je dois vous avouer que je passe souvent la nuit dans les rues parce que je n'ai pas le droit de rentrer à la maison sans avoir versé la somme de 750 FCfa que mon marabout me réclame tous les jours. Parfois, je suis obligé d'entrer dans des maisons pour voler des objets que je vais reprendre après». Une bien triste situation, jugent bon nombre de Ziguinchorois. Les populations demandent aux autorités de marquer véritablement un temps de réflexion, de plaidoyer et de sensibilisation sur les aspects qui continuent de remettre en cause les droits des enfants talibés qui ont aussi droit à la vie. La situation de ces talibés est précaire à Ziguinchor et porte atteinte aux droits des enfants. Une violation de leurs droits causée par ceux-là qui doivent leur inculquer le savoir. «En réalité, nous n'avons véritablement pas droit à l'éducation, à la survie, à la protection et à la vie active. C'est la raison pour laquelle nous demandons aux autorités de nous aider afin que nous puissions sortir de cette misère», lance Abdoulaye Diao, talibé de son état.

http://www.lobservateur.sn/articles/showit.php?id=22458&cat=actualite

les talibés

Commentaires (3)

1. aliou camara 11/06/2011

je viens de lire votre article. il faut reconnaître c'est du professionnalisme que vous avez démontré dans l’écriture de celle ci.
je voulais juste ajouter que les talibés son considérés de nos jours comme des entreprises par certain marabouts et c'est répugnant. sensibilisons ensemble les parents qui se délaissent à l'éducation de leurs enfants pour les remettre aux marabouts.

2. Joce 13/09/2009

Bonjour, je n'ai que les coordonnées du journal dans lequel est passé l'article,et j'ai mis en bas la page web.
Tenez moi au courant, moi aussi je trouve cet article excellent.
Bien a vous
Joce Bretton

3. Matar Diatta 12/09/2009

je viens de lire cet article qui est excellent et je tiens à féliciter ce journaliste qui a abattu un travail de professionnel.Il me semble l'avoir connu au Lycée Djignabo Si c'est bien lui je vous prie de me filer ses coordonnées Je vis au Etats Unis et je veux vraiment aider ces talibés de ma région
Merci

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