resto du coeur

Tambacounda : Ces enfants venus de nulle part
Les conditions de vie des enfants en situation difficile sont précaires et préoccupantes à Tambacounda. La situation de pauvreté extrême des familles rend la situation davantage pénible, ce qui, aux yeux du secrétaire exécutif de la "lumière", une association protectrice des droits de l'enfant, est alarmant. Regard sur leur constat.

Partout dans les rues de Tambacounda, les jours semblent se suivent et se ressemblent pour ces jeunes toujours en quête de quoi donner à leur marabout, au risque de subir les foudres de ces derniers. Chaque levée de soleil entraînant son lot de spleen. Les Talibés s'égaillent dans tous les coins et recoins de la capitale orientale, à la recherche de la pitance. Ils viennent des quartiers périphériques et s’étendent comme une peau tannée.

Mendier pour survivre ?

Sur le sort des enfants, l'incompréhension s'installe. Comment peut-on s'en émouvoir ? Peut-on interdire à des enfants déboussolés à qui l'état n'assure presque rien, même pas un enseignement, de choisir la mendicité pour avoir de quoi manger ? Ces talibés squattent tous les coins et recoins de la ville. On les retrouve devant les endroits à forte fréquentation. Ils viennent des quartiers périphériques, comme de nombreux "daaras" sous la férule d'un marabout qui leur exige le versement d'une somme déterminée.

Confessions

Ces enfants rencontrés au "daaras" du quartier Plateau situé juste à côté de l'école élémentaire expliquent : "Nous sommes obligés de nous rendre au niveau du marché central pour porter les paniers des ménagères. Les recettes, nous les confions à notre marabout qui nous les garde pour nous acheter des habits au moment de notre retour dans nos familles".

Un optimisme que ne semble partager cet autre talibé pour qui l'argent sert à alimenter la marmite familiale du marabout. "Vous voyez vous même que ces jeunes n'ont même pas de chaussures en cette période de forte canicule où la température avoisine les 47° et doivent affronter la rugosité du macadam", appui-t-il, gouailleur. Sur l'avenue Léopold Sédar Senghor, prés de la SGBS, d'autres jeunes se faufilent entre les véhicules stoppés à côté de la banque.

Un phénomène qui prend de l’ampleur

Ce phénomène a pris de l'ampleur avec la complicité de certains parents, tentés par la facilité qui abandonne l'éducation de leur fils à des familles qui se paupérisent à la vitesse de la crise. "C'est en général, le résultat du développement de la pauvreté. Mais aussi parfois des fugues d'enfants en mal d'affection dans leurs familles et qui se retrouvent dans la rue. Pour suivre, il leur faut travailler et ils sont à la merci de n'importe quel danger ?, explique ce commerçant. A la rue Ainina Fall, comme dans tous les fiefs des commerçants, c'est le commerce qui attire le plus les talibés. Pendant que leurs amis courent derrière quelques francs engrangés durement à la faveur d'un portage ou de quelques services sous-rémunérés, les autres talibés transformés en petit commerçants brassent des sommes plus consistantes. Entre 500 et 1 000 FCFA par jour sans compter les habits et sandales revendus. Dans la masse des petits bouts d'hommes, d'autres talibés aident les commerçants à décharger leurs marchandises. Ces derniers en retour, leur offrent des habits ou sandales qu'ils revendent aux clients de la rue. "Ces enfants comme tous les autres talibés sont surexploités. On les fait travailler au lieu de leur apprendre le coran", explique ce commerçant, inquiet de l'avenir de ces talibés.

La "Lumière" initie un "Restaurant du cœur "

Une association cependant se bat beaucoup pour la protection des droits de ces enfants. La
Lumière", c’est son nom, a initié à Tambacounda une stratégie de lutte contre la pauvreté depuis bientôt une décennie.

Le siège de cette structure sise au quartier Médina Courra abrite tous les jeudis un "restaurant du cœur" où se rendent les enfants de la rue pour se laver, se soigner et manger. "Nous avons décidé de prendre en main notre destinée, de penser aussi aux problèmes des enfants déshérités et de nous engager en vue de les résoudre de manière satisfaisante et éclatante", a déclaré le secrétaire exécutif de l'association, Ibrahima Sorry Diallo.

En attendant que l'état joue sa partition, ces enfants continuent de vivre dans des conditions précaires. La rue est leur gîte, la débrouille, leur moyen de survivre. Ils sont en butte à toutes sortes de tentatives.


Dimanche 24 Janvier 2010 - 22:57
http://www.rewmi.com/Tambacounda-Ces-enfants-venus-de-nulle-part_a21955.html

enfants des rues

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