LES ONG

L'indécence des grandes ONG

Humanitaire, l'indécence du mode de vie des employés des grandes ONG

Mon illusion d'améliorer le monde avec l'humanitaire est passé, il est vrai, avec mes 20 ans. Depuis lors, j'ai beaucoup lu, réfléchi sur le sujet et constaté que l'humanitaire permet de « panser les plaies » au lieu de soigner les « maux» à leur source. Et en pansant les plaies, on encourage même le système en place puisqu'on s'en nourrit. Mais c'est un autre sujet qui fera l'objet d'une autre note...

Depuis que je vis régulièrement à Kinshasa, j'ai un regard encore plus critique sur un point précis : le mode de vie des employés des grandes ONG.
J'avoue ne pas bien connaître les missions des grandes ONG à Kinshasa (vaccination/Sida/enfants des rues...des causes qui semblent toujours nobles), mais la logistique en place me paraît tout à fait indécente.
Il y a d'abord le logement. Pour des raisons de sécurité, les locations sont faites en centre ville ou dans les communes résidentielles (Gombé, Ngaliema) où les loyers sont aujourd'hui très élevés : autour de 2000 à 4000 $ pour une villa. Sans compter les frais annexes : gardien(s), bonne, groupe électrogène et carburant en cas de coupure d'électricité.
Il y a ensuite la location des locaux professionnels qui sont, eux aussi, souvent en centre-ville et donc pas à moins de 2000 $.

On assiste à défilé de gros 4*4 blancs flambants neufs avec les logos des uns et des autres (MSF, Handicap, Rescue, ...) et on peut vite imaginer les coûts de chauffeur, carburant, entretien de ces véhicules ...à plus de 600$ par véhicule par mois.

Ce sont des être humains certes, mais, je trouve cela gênant de retrouver les employés d'ONG vivre aux rythme de la communauté d'expatriés travaillant pour l'état (coopération) ou pour des entreprises. Et on les retrouve ainsi fréquenter les clubs de sports hors de prix, les restaurants, les discothèques côtés, inscrire leurs enfants dans les écoles étrangères à 3000/4000 $ l'année, fréquenter les lieux de la « haute » des expats et hommes politiques ...


Il y a dans tout cela trop peu de sens du sacrifice, de sens de l'humilité, et de proximité des acteurs locaux pour faire un vrai partenariat et pas vers le développement.
Mais il est vrai, les acteurs de l’humanitaire ne sont pas là pour le développement, alors pourquoi ? Il me semble qu'il y a dans tous ces programmes un trop plein de bonne conscience et trop peu de recherche de l'essentiel : le développement durable et partagé...

Sudouest.com

Regards croisés France-Congo Kinshasa

http://regardscroisesfrance-congokinshasa.blogs.sudouest.com/archive/2009/11/17/humanitaire-l-indecence-du-mode-de-vie-des-employes-des-gran.html

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