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La Casamance

Après notre réussite au repas de soutien,et une semaine de travail, me voilà partie pour le Sénégal.

Car maintenant il est vraiment important de concrétiser, notre premier objectif, qui est l'achat d'un terrain, puis la construction d'une maison d'hôtes, qui amènera des fonds à la MES.

J'ai choisis la Casamance car c'est une superbe région du Sénégal, pleine de verdure et de découvertes. Et plus particulièrement Kafountine, qui pour moi est restée assez pure.Il faut venir ici avec son âme, ses oreilles et savoir rester pudique et respectueux de ce qui est.

La musique vient de chaque coin, melée aux chants des oiseaux, aux tamtams, aux paroles des autochtones, les enfants qui rient, le chant improvisé des filles qui rentrent de la plage, en scandant un chant avec pour instrument leurs bouteilles d'eau, c'est vraiment beau. Il ne faut pas venir et inspecter, non, il faut venir et ressentir. Etre là, mais savoir rester transparant, tant que possible, notre couleur ne nous aide pas. Pour une fois, nous sommes dans la situation de celui qu'on voit 

Kafountine c'est un lieu magique, de la plus petite feuille au plus grand arbre, une multitude de variétés, des papillons splendides, des oiseaux de toutes couleurs, vraiment tout y est étonnant.

le paradoxe du système scolaire au sénégal

[ Contribution ] LES PARADOXES DU SYSTEME EDUCATIF SENEGALAIS

Outre les entreprises étrangères (comme SGBS, TOTAL, etc.) établies au Sénégal, nous constatons que l'activité économique du pays est presque entièrement entre les mains de personnes issues du système dit informel ou système des « Daaras ».  Les milliardaires sénégalais se comptent plus dans ce système comme l'attestent les réalisations à leur actif :

  1. le groupe CCBM de la famille Mboup formée au daara de Koki, qui intervient aujourd'hui dans le commerce avec les centres commerciales comme Touba Sandaga et le réseau Easy Boutique, le transport avec Mboup Transport, le voyage avec Mboup Voyage, l'assurance, l'automobile avec Espace Auto, etc.
  2. le groupe Diprom qui intervient dans l'énergie avec Sitra, Touba Gaz et Touba Oil.
  3. Le Holding Al Azhar, fondé par feu Serigne Mourtalla ibn Cheikh Ahmadou Bamba, qui intervient dans l'éducation avec Les Instituts Al Azhar, le transport avec Al Azhar Transport, le pétrole avec Al Azhar Oil, dans l'Assurance, dans les fouilles, les mines et les carrières.
  4. Le groupe SAIM Kebe Fondée en 1972 par feu Elhadji Babacar « Ndiouga » KEBE, la Société Anonyme Immobilière est devenue, par la construction, le rachat, et par une gestion saine et rigoureuse, la première société immobilière privée du Sénégal.
  5. Bocar Samba Dieye qui importe la majeure partie du riz consommé dans le pays
  6. Les mini-bus Ndiaga Ndiaye, ceux de Bada LO, etc, assurant le déplacement des populations.
  7. Youssou Ndour, qui quitté l'école à 13 ans 1 intervient dans la production musicale avec Jololi, la presse avec le groupe futuremedias, le microcrédit avec Birima et a même créé sa fondation.
  8. Sidy Lamine Niass avec le groupe Walfajri.
  9. Le milliardaire feu Djily Mbaye
  10. etc.

 
Rappelons au passage que ce système est laissé à lui-même par l'Etat qui ne lui alloue pratiquement pas de budget officiellement voté même si le gouvernement de Wade a lancé depuis peu le concept de daaras modernes.

Nous constatons aussi malheureusement le contraire pour les personnes issues du système dit formel c'est-à-dire issues de l'école à la française même si 40% du budget lui est alloué par l'Etat. Plusieurs traits les caractérisent :

  1. ils s'attendent souvent à ce qu'on leur donne un emploi mais ne créent souvent pas d'emplois autant que ceux du système informel.
  2. ils ne sont pas en général des employeurs mais juste des employés.
  3. on les trouve dans l'administration, la politique, l'éducation et les services mais pas dans l'économie réelle (agriculture, pêche, commerce, transport, etc.) même si on les trouve aujourd'hui de plus en plus dans la vallée par exemple.
  4. ils ne sont pas très représentatifs dans la création des richesses du pays  mais dans la gestion de ces richesses.
  5. ils ont tendance à éviter les difficultés en s'établissant à l'étranger (Europe, Amérique) au lieu de les affronter.
  6. etc.

 

Ce qui est un paradoxe. La question est maintenant de savoir pourquoi ceux issus du système formel ne sont pas aussi entreprenant que leurs frères du système informel, malgré que 40% du budget leurs soient alloués ? Qu'est ce qui justifie que ceux issus du système informel parviennent à tant de résultats  malgré le manque de budget et de considération ? Pour répondre au mieux à ces questions, il serait bien de voir l'historique de ce système bipolaire.

Comme l'a si bien retracé le professeur Mamadou-Youry SALL Enseignant-Chercheur à l'Ugb dans son article sur le sort des talibés, je cite : « En introduisant son système d'enseignement à Saint-Louis du Sénégal en 1817 par Jean Dard et les sœurs de Saint-Joseph de Cluny en 1819, l'Etat français colonisateur avait trouvé sur place une Ecole bien structurée tenue par des maîtres bien formés. Celle-ci, fondée sur la culture sénégalo-arabo-islamique, convenait à la plupart des Sénégalais. Ils y faisaient leurs humanités sans aucun risque d'un mal-vivre social éventuel. Ce qui n'était pas sans gêner le colonisateur, qui voulait aussi répandre sa culture Franco-Judéo-chrétien. Dès 1844, l'Abbé David Boilat, inspecteur de l'instruction publique du Sénégal et Dépendances préconisa : ‘D'interdire, pour l'Intérêt de la civilisation (française), les écoles coraniques et de forcer les parents d'envoyer leurs enfants aux écoles françaises, en y établissant un professeur d'arabe.' Ce que William Ponty, le gouverneur général de l'Aof, appuya en 1910 : ‘Nous ne devons négliger aucun concours pour répandre l'usage de notre langue et diminuer le nombre des élèves qui encore aujourd'hui fréquentent exclusivement l'école coranique. Or, vous avez bien voulu me faire savoir qu'à Saint-Louis même la population scolaire des autres écoles communales ne serait que de 200 élèves environ, tandis que plus de 1 300 garçons se groupaient autour des marabouts-enseignants.'

A sa suite, Louis Faidherbe, devenu gouverneur, a, le 22 juin 1857, pris le premier arrêté relatif aux établissements d'enseignement coranique pour mieux contrôler la situation. A partir de ce moment, l'ouverture d'une école musulmane était soumise à autorisation. Il fallait pour y enseigner passer devant un jury d'examen et avoir un certificat de bonne vie et mœurs. Les noms et âges des élèves devaient être transmis au Gouverneur tous les trois mois. Le maître d'école musulmane était obligé de conduire ou d'envoyer tous les jours, à la classe du soir (soit celle de l'école laïque soit celle des frères) tous les élèves de 17 ans et au-dessus.

N'ayant pas réussi à déstabiliser l'école musulmane, le colonisateur s'était résolu à l'intégrer dans son système éducatif, pour cette fois-ci l'orienter à sa guise. Il créa ainsi la Médersa à la fin du IXe siècle. Mariani, l'Inspecteur de l'enseignement musulman et directeur de l'instruction publique, définissait les objectifs assignés à la Medersa comme suit : ‘En créant la Médersa, nous nous sommes préoccupés de former le personnel indigène, dont nous pouvons avoir besoin, les magistrats et les greffiers, sans compter les maîtres d'écoles coraniques et les professeurs, appelés à enseigner les éléments de langue et interpréter dans un sens large les textes jusqu'ici commentés d'une manière hostile à nos idées et à notre influence.' Avec cette école bilingue, la connaissance de l'arabe était devenue obligatoire pour être instituteur. L'arrêté du 23 septembre 1893 stipulait : ‘Article 3 : Dans toutes les écoles en pays musulman, l'instituteur devra enseigner l'arabe '

En résumé, le colonisateur est resté dans sa logique dominatrice. Il a tenu par tous les moyens à étayer son établissement en instrumentalisant l'Ecole. N'ayant pu neutraliser la culture arabo-islamique, il décida de l'intégrer dans son système pour pouvoir l'orienter.

Mais l'Etat du Sénégal indépendant n'a jamais remis en question le plan ou l'œuvre déstabilisatrice du colonisateur. Ses dirigeants, bien formés par les missionnaires chrétiens ou laïques de l'Ecole nationale de la France d'Outre-Mer (Enfom), quand ils n'ont pas consolidé la politique éducative initiale du colonisateur, l'ont bel et bien poursuivi. Ils ont, dès le début, décrété que seules les écoles qui ont adopté le programme d'enseignement légué par le colonisateur sont officielles. Les autres sont à gérer à la marge sans aucune reconnaissance. »

Nous voyons donc que les objectifs coloniaux de l'école étaient de répandre la culture Franco-Judéo-chrétien et  de défendre l'intérêt de la civilisation « française » en formant le personnel indigène, dont ils pourraient avoir besoin. C'est pourquoi il était uniquement basé sur le savoir de celle-ci sans aucun savoir faire dont avaient besoin les populations. C'est d'ailleurs ce qui est maintenu jusqu'à nos jours et qui explique en parti notre retard économique.

Le système est purement instructif, inactif et favorise la dépendance. De l'école primaire à l'Université en passant par le collège et le lycée, l'élève n'a autre tâche que les études, il ne fait en général pratique rien d'autre chez lui, ni la cuisine, ni le linge, ni son lit, ni n'aide les autres à débarrasser les plats après les repas. Il est habitué dès le début à ne rien faire d'autres que les études. Et cela continue jusqu'à ce qu'il termine.

A la fin, il obtient un diplôme sans jamais chercher du travail, sans jamais travailler, sans jamais faire la cuisine, bref sans jamais rien faire d'autres de sa vie que les études. Comme on lui a  habitué à faire les choses à sa place, il ne peut que commencer la vie active à demander du travail mais pas à créer parce qu'il n'a pas été formé pour cela. Il considère le diplôme obtenu comme une fin contrairement à son camarade du système informel qui considère le savoir comme un moyen à mettre au service des créatures pour avoir l'agrément de Dieu. Comme le dit Cheikh Ahmadou Bamba dans son ouvrage intitulé Tazawudus Chubaan « Le savoir sert à quatre choses : à sortir de l'ignorance, servir les créatures, développer le savoir et à être appliqué ».

Dès lors comment voulez vous alors qu'il crée une entreprise ? C'est d'ailleurs pourquoi les étudiants sénégalais éprouvent d'énormes difficultés une fois à l'étranger. Ils doivent alors faire leurs études tout en s'occupant seul de trouver du travail, de faire leur linge, la cuisine, etc. Ce qui fait que beaucoup d'entre eux reprennent la première année.

Contrairement à l'élève du système formel, le « talibé » du système informel est confronté dès son plus tendre enfance à trouver lui-même ses repas et ses habits soit en travaillant soit en mendiant.  Bref, il doit tout faire par lui-même durant toute sa formation. Il est formé à ne rien attendre des autres. C'est d'ailleurs ce qui explique qu'il soit disposé à créer des richesses. On ne demande pas que les étudiants fassent tout par eux même mais au moins qu'ils préparent leur petit déjeuner ou leur diner comme cela se fait dans les pays développés.

Il  est urgent de changer le système au niveau de ses objectifs ainsi que sur la manière d'y parvenir.

Pour se développer un pays a besoin de quatre types d'acteurs : d'ouvriers qualifiés pour exécuter les tâches, de techniciens pour superviser le travail des ouvriers, d'ingénieurs pour concevoir des systèmes de productions et de chercheurs pour trouver des solutions aux problèmes rencontrés par les ingénieurs. De plus le nombre d'ouvriers qualifiés doit être supérieur au nombre de techniciens, qui doit supérieur au nombre d'ingénieurs qui doit être supérieur au nombre de chercheurs.

Mais au Sénégal, on observe  l'inverse, on forme plus d'ingénieurs et de chercheurs que d'ouvriers et de techniciens. Du coup les choses sont très mal faites fautes d'ouvriers et de techniciens qualifiés.

C'est parce que la Chine a investi sur ses ouvriers qu'elle est devenue aujourd'hui l'usine du monde.

Des centres de formation devraient être ouvert dans les lycées et collèges pour initier nos élèves aux savoirs faire et permettre aussi aux populations environnantes d'avoir la possibilité de se former à un métier. Elles sont actuellement injustement exclues du système.

Des UFR métiers devraient aussi être mises en place dans les universités afin que chaque étudiant sorte avec un savoir faire (métier) en plus de son diplôme. Actuellement ils sortent ingénieurs sans aucun savoir faire manuel au moment où le pays a du mal à assurer son autosuffisance alimentaire. On aurait alors aucune difficulté à résorber le surplus de bacheliers non orientés qui n'ont malheureusement aucune issue que l'université car n'ayant aucun savoir faire après 13 ans passés dans les bancs. Alors que 5 ans suffiraient à les former à un métier, ils vont faire 20 ans sans rien pouvoir faire de concret.

De plus, les universités devraient être ouvertes au peuple en formation payante en cours du soir afin que les agriculteurs, les commerçants,  les éleveurs puissent accéder, en langue locale, à une formation pour améliorer leurs activités. Il est absurde de réserver l'université aux seuls étudiants ou aux titulaires du bac. Il est aussi absurde que l'accès au savoir soit subordonné à la seule maîtrise de la langue française alors que prés de 80% de la population ne la comprend pas2. Une langue est juste un moyen de communication.

On devrait utiliser les langues locales comme le wolof (car parlé par plus de 80% de la population) pour former la masse analphabète car il est sept fois plus chère d'apprendre le français que le wolof que tout le monde utilise presque. Cela permettrait alors, en interprétant en wolof les milliers de films, de dessins animés et de théâtres et en traduisant les milliers de livres, de bandes dessinés, de logiciels et de jeux produits chaque année dans d'autres langues, de hausser le niveau intellectuel des sénégalais et de créer ces milliers d'emplois qu'attendent les étudiants diplômés de lettres qui ne savent pas quoi faire.

On devrait aussi contrôler la fuite des cerveaux en refusant que les pays occidentaux nous prennent nos diplômés sans participer à leur formation. 23 000 cadres quittent l'Afrique chaque année3, un vrai exode des cerveaux. Des moyens devraient être trouvés pour les retenir sur place ou les faire revenir, afin qu'ils trouvent des solutions aux problèmes des populations, ce pourquoi ils ont été formés. Sinon qu'ils remboursent leur formation ou financent des projets de développements pour les populations. Rappelons que chacun de nous a été formé avec l'argent du contribuable donc il doit être obligatoire de contribuer à améliorer des conditions de vie de ces contribuables.

Bref on doit rendre au peuple ce qui est au peuple en mettant en place des formations exclusivement pour ses besoins. Pour finir justice doit être rendue en incluant une bonne fois pour toute le système informel dans le système éducatif national car ceux du système formel ne sont pas plus sénégalais que les autres et pire ils participent  moins que ceux du système informel au développement de la nation.

http://www.seneweb.com/news/article/23601.php

El hadji Mamadou NGUER

Enseignant chercheur en Informatique

UFR SAT Université Gaston-Berger

Ziguinchor

Ziguinchor les enfants talibés dans la précarité parru dans l'OBS


Article Par ABDOURAHMANE THIAM ,

Paru le Mardi 16 Juin 2009


La situation des jeunes talibés inquiète plus d'un à Ziguinchor. Laissés à la merci de la rue, ces enfants se transforment parfois en «Boudioumane» pour, disent-ils, «gagner la pitance que leur imposent leurs marabouts».

A la veille de la célébration de la Journée de l'enfant africain, ces jeunes talibés demandent à l'Etat de les aider à sortir de leur situation de misère. Phénomène récent à Ziguinchor à la faveur de la crise dans la région, le cas des enfants talibés est devenu préoccupant. Ils sont nombreux à arpenter les rues et ruelles de la ville à toute heure de la journée. On les retrouve dans les stations d'essence, aux arrêts de cars de transport urbain, à l'hôpital, dans les bureaux et autres services publics. «Nous sommes parfois à la solde de certaines familles qui nous servent chaque jour de transporteurs de poubelles», nous a confié Samba Bâ, âgé de plus de 10 ans, talibé et habitant le quartier Lyndiane. Et son compagnon Ousmane Diallo de renchérir : «Je suis embauché par un ferrailleur qui vit au quartier Boucotte. Je vais chaque jour dans les poubelles pour ramasser la ferraille que je lui revends. Je gagne 500 ou 600 FCfa tous les jours après le ramassage. Avec cette somme, je suis tranquille. Car je peux rentrer chez mon marabout la nuit.» Mais pour Omar, 9 ans, jeune talibé habitant le quartier Alwar (et qui partage le domicile de son marabout avec près de 200 autres enfants), «mes parents m'ont confié à mon marabout. Je suis venu à Ziguinchor, il y a déjà 5 ans. Mais, je dois vous avouer que je passe souvent la nuit dans les rues parce que je n'ai pas le droit de rentrer à la maison sans avoir versé la somme de 750 FCfa que mon marabout me réclame tous les jours. Parfois, je suis obligé d'entrer dans des maisons pour voler des objets que je vais reprendre après». Une bien triste situation, jugent bon nombre de Ziguinchorois. Les populations demandent aux autorités de marquer véritablement un temps de réflexion, de plaidoyer et de sensibilisation sur les aspects qui continuent de remettre en cause les droits des enfants talibés qui ont aussi droit à la vie. La situation de ces talibés est précaire à Ziguinchor et porte atteinte aux droits des enfants. Une violation de leurs droits causée par ceux-là qui doivent leur inculquer le savoir. «En réalité, nous n'avons véritablement pas droit à l'éducation, à la survie, à la protection et à la vie active. C'est la raison pour laquelle nous demandons aux autorités de nous aider afin que nous puissions sortir de cette misère», lance Abdoulaye Diao, talibé de son état.

http://www.lobservateur.sn/articles/showit.php?id=22458&cat=actualite

le Festival au royaume des enfants

Le Festival au royaume des enfants

Cette idée est renforcée par le Fesman qui prend part au Fare et qui le soutien dans tout ce qui est culture et tenues traditionnelles des enfants. « D’ailleurs les enfants du Fare sont attendus sur les podiums du Fesman » annonce Racine Senghor. En conférence de presse vendredi dernier 5 Juin 2009, au Magic Land, la présidente du festival, Mame Codou Dieng de dire : « Notre souhait est de panafricaniser le festival, de l’étendre dans les pays francophones afin de donner un sens à la Journée de l’Enfant Africain ».

Prévu comme chaque année au mois de juin, mois de la fête des pères et des mères et de la Journée de l’enfant africain, la troisième édition du Fare se tiendra du 13 au 14 Juin 2009 au Magic Lang sous le thème ‘’La Santé ou la Survie de l’Enfant’’. Avec le soutien du Ministère de la Jeunesse et de Amadou Aly Sall, le festival regroupe cette année toutes les régions du Sénégal et chacune d’elle sera représentées par un enfant. Et la particularité cette année, c’est l’invitation du Togo et de la Mauritanie qui seront honorés par deux filles. Mais il faut souligner que ces deux pays sont de simples invités et non des concurrents pour les couronnes du roi et de la reine.

L’intronisation du Roi et de la Reine, qui seront choisis parmi les 18 candidats issus de différents établissements primaires, sera l’une des activités phares de ce festival.

En effet, en instituant le Fare, force est de constater que ce concept ne nourrit que la douce ambition d’offrir aux enfants du Sénégal un cadre chaleureux d’échanges socioculturels. Le festival a pour slogan : Education, Culture et Solidarité. « L’éducation : faire de ce festival un podium d’excellence pour les enfants du Fare. Culture : installer le sens de la plaidoirie chez les enfants, avec les différents sous-thèmes : lutte contre le paludisme, encourager l’allaitement maternel en phase avec le thème de cette année : ‘’La Santé ou la Survie de l’Enfant’’ . Aussi des poèmes seront proposés par les enfants pour leurs parents.

Les enfants incarneront un personnage historique et culturel du Sénégal, cela dans le but de les aider à mieux connaître leur pays. Solidarité : la mission essentielle du Fare, est d’aider les autres enfants qui sont dans le besoin : les enfants malades, les enfants qui souffrent de l’excision, les enfants talibés ou abandonnés » a expliqué Mme Codou Dieng.

Sénégal les talibés : esclavage des temps modernes


L’enseignement coranique pose problème au Sénégal. Il donne l'impression d'être un monde à part où anarchie et impunité sont érigées en règle. Les marabouts exploitent les enfants alors que l'Etat est implicitement leur complice.


Le Sénégal est un pays dont sa population est à 95% musulmane. Une tendance qui explique peut être l'existence d’écoles coraniques à tout bout de champ. Leur prolifération est tellement inquiétante qu'aussi bien l'Etat, les maîtres coraniques que les ONG n’arrivent pas à maîtriser le nombre exact de ces daaras. Les fidèles ne cessent de dénoncer cette profusion d’écoles coraniques. On en voit partout et à n’importe quelle occasion. Dans une mosquée de la Médina, située sur l’avenue Blaise Diagne près du domicile de Serigne Abdoul Aziz Sy, des musulmans ruent dans les brancards.

Dans cette résidence, c’est la piété qui fait foi. Même les dimanches, des gens s’adonnent à une lecture du saint Coran. En effet, des adolescents et une dame ne dérogent pas à la règle. Au moment où ils récitent des versets du Coran, un monsieur qui frôle la cinquantaine les supervise. Très concentré, il semble ne même pas entendre les salamalecs. Après moult questions sur l’objet de notre visite, il accepte enfin de nous parler dans l'anonymat, arguant qu’il n’est pas le maître des lieux. Il dit réprouver le nombre croissant des daaras. «Si on pouvait trouver un seul daara dans chaque quartier ce serait mieux, mais on en trouve trois à quatre dans un patelin. Tout est désordonné. Malheureusement, on y peut rien parce que c’est un problème social. Personne n’ose toucher aux daaras» se désole-t-il. La dame interrompt sa lecture et s’immisce dans le débat. Ndéye Dièye s’indigne et interpelle l’Etat.



Ces taudis qui servent de daaras

Cependant, la dame demeurant à Pikine est favorable à la mendicité. Elle estime que cela inculque les valeurs d’humilité aux enfants. Un avis que partage largement Samba, un ancien talibé. Rencontré dans le même quartier à la Rue 8 X 10 de la Médina, il crèche dans une très grande maison qui ne peut passer inaperçue. Le mur qui fait face à la rue a plusieurs mètres de hauteur et n’a aucune fenêtre. L'entrée est située à l’extrémité droite collée à un autre mur de la même hauteur. Là non plus, il n’y a pas de fenêtre. Tout laisse croire que c’est un entrepôt.

Mais cette maison sinistre et lugubre est bien compartimentée à l’intérieur. On voit plusieurs concessions faites en bois, seules quelques unes tiennent encore leurs formes initiales. Les autres sont complètement inclinées, érodées. Un coup de vent pourrait bien les mettre à terre. Les chambres visitées sont remplies de poussière et certainement de punaises. Les bagages rangés pêle-mêle, tandis que les nattes s’effilochent et sont couvertes de sable. Un piteux décor qui ne semble aucunement déranger ses occupants composés de talibés et leurs maîtres.

10h dans ce taudis. C'est un calme de cimetière qui y règne. Les rares personnes trouvées sur place ont l'air éberlué de voir des visiteurs. «Tous les talibés sont allés mendier, quand au maître il est sorti» nous dit Samba. Il soutient que cela fait partie de la formation. «Chaque matin après les séances de récital de Coran, ils vont à la recherche de leur pain quotidien parce qu’ils ne payent rien pour apprendre et leur maître coranique n’a pas d’activités génératrices de revenus» explique-t-il.

Des ''loques'' humaines en errance

Deux talibés âgés entre sept et neuf ans avouent qu’ils «versent 200 ou 300 francs CFA par jour selon l’âge ou du riz qu’on leur donne en aumône». Ces mômes errent à longueur de journée. Ils nagent dans l’insouciance et l’inconscience.

Au rond pont de Castors, les véhicules viennent de tous les sens. A 18h, ils se disputent la chaussée, les gens sont pressés de retrouver leur famille après une journée de dur labeur. De petits enfants se faufilent entre les voitures. Ils ne se préoccupent point du danger qui les guette. Ces talibés sont vêtus tout deux de tee-shirt et d’une culotte rafistolés. Ces habits sont tellement pâles que leurs couleurs sont devenues méconnaissables. Les chaussures sont bricolées. Comble de malheur, tous les deux leur corps sont recouverts de saletés. Ils sont peut-être restés des jours sans prendre de bain. Chacun d’eux porte à la main gauche un pot graisseux. Ce récipient contient leur «butin» ou encore leur pitance (riz, biscuits, sucre, cola, bonbon etc).

Ils semble recevoir l’ordre de ne jamais parler aux autres. Il faut insister, les supplier ou leur offrir une pièce de monnaie pour qu’ils se confient. «Après avoir versé le montant exigé au maître, nous gardons le reste pour acheter des chaussures ou pour l'offrir à nos maman une fois de retour au village", confesse enfin le plus âgé.

Le deal des parents avec les marabouts

Ce supplice des enfants est dénoncé un peu partout. Mohamed Chérif Diop ex-coordonnateur du programme talibé de l’ONG Tostan et coordonnateur du cadre d’appui à l’initiative nationale en faveur des talibés s’insurge contre cet état de fait. Il propose «l’établissement d’une structure qui veille sur la régularité des daaras dans chaque collectivité locale» tout en dénonçant la mendicité des talibés. Il soutient que «c’est souvent un deal entre le marabout et les parents du talibé qui utilisent ce dernier pour se nourrir». C’est pour cela que, poursuit-il, «les enfants ne quittent jamais les villes vers les campagnes ou vers les zones défavorisées. Ils quittent toujours les zones défavorisées vers les grandes villes. Et leurs maîtres sont des soi-disant marabouts sénégalais ou de la sous région qui n’hésitent pas à fixer des quotas quotidiens aux talibés» s’indigne-t-il. Ce flux migratoire des talibés vers les zones les plus fructueuses explique clairement, selon Mohamed Chérif Diop, la motivation de certains maîtres coraniques.

La complicité de l’Etat indexée

Comme pour confirmer les propos de Chérif Diop, Hamdy Rabi Bâ n’y va pas par quatre chemins pour expliquer comment les daaras sont utilisés par des «véreux» pour des intérêts économiques. «Dès fois, on voit une personne qui ne sait même pas réciter la Fatiha créer un daara, ou encore un chômeur endurci qui regroupe des enfants quelque part et se proclamer maître coranique. C’est parce qu’il n’y pas de moyen de contrôle de leurs aptitudes» s’insurge Hamdy Rabi Bâ maître coranique à Yeumbeul Sud.

La maîtresse coranique Ndéye Diop Sarr embouche la même trompette. Elle tient un daara, depuis plusieurs années, chez elle à la Rue 6 X 31 à quelques encablures de la maison des talibés. Elle dénonce les conditions pénibles dans lesquelles certains talibés apprennent les enseignements du Saint Coran tout en évoquant la responsabilité des autorités étatiques. Elle pense que "c’est l’Etat qui laisse faire parce qu'il doit fixer des règles pour la création des daaras".

Des daaras à califourchon entre deux ministères

Son opinion est largement partagée par le coordonnateur du cadre d’appui à l’initiative nationale en faveur des talibés. Mieux, Mohamed Chérif Diop dénonce «la fuite de responsabilité et l’indécision de l’Etat qui ne sait pas où loger les daaras». En effet, les daaras sont gérés par deux ministères. Le ministère de l’Education qui est en charge de l’aspect éducation et le ministère de la Famille pour le volet social. C’est "incompréhensible" d’autant plus que les écoles classiques "ont des problèmes sociaux mais elles sont logées uniquement au ministère de l’Education" se désole Mohamed Chérif Diop. Il suggère un engagement sincère de l’Etat et des autorités religieuses pour mettre les talibés dans de meilleures conditions d’apprentissage du Saint Coran.

Au ministère de la Famille, de l’Entreprenariat féminin et de la Microfinance on considère la mendicité des talibés comme un abus envers les enfants. Car «la place de l’enfant est dans la maison, dans sa communauté et dans le daara s’il est talibé et non pas dans la rue» s’offusque Ndéye Lissa Diop N’Diaye directrice de la Protection des droits de l’enfant. A travers son projet EVF (Education à la Vie Familiale), le ministère de la Famille veut offrir aux «apprenants des daaras de meilleures conditions de vie» poursuit-elle. Toutefois, le ministère de la Famille veut être clair à ce propos, il ne considère pas les «talibés-mendiants» comme des talibés mais comme «des enfants de la rue». Au niveau du ministère de l’Education, il n’y a pas encore de cahier de charge pour la création des daaras. Mais, l’Etat aurait nommé en 2008 un inspecteur des daaras.

Awa Diédhiou

 

FATOUMATA DIALLO MISS SENEGAL- MISS CEDEAO 2008 préoccupée par l’avenir de son pays

Comment comptez-vous utiliser votre titre ? Avez-vous des projets ?

Oui j’ai des projets. D’ailleurs, j’ai déjà fait un don d’habits et de nourriture aux pensionnaires de l’empire des enfants. C’était un vendredi. En ce qui concerne les enfants talibés, je pense qu’il nous revient de sensibiliser les populations, autant ceux qui les maltraitent que ceux qui les jettent dans la rue. Ce n’est pas seulement le gouvernement qui doit s’impliquer, mais tout le monde est concerné.